
Lithium : Rosatom envisage une nouvelle exploitation au Mali dès 2028
Selon les informations communiquées fin septembre 2026 par Rosatom, les ressources du gisement de Bougoula atteindraient désormais 458 000 tonnes en équivalent carbonate de lithium, soit une augmentation de 50 % par rapport aux estimations précédentes. Ces ressources, encore présumées, devront être confirmées par de nouvelles études. En deux ans, Uranium One Group a prospecté plus de 200 km², réalisé plus de 100 forages et prélevé plus de 20 kilomètres de carottes géologiques. L’objectif est de produire du concentré de spodumène, utilisé notamment dans la fabrication de batteries.
Une étude de faisabilité en 2027.
Après le renouvellement de son permis de recherche en 2024, Rosatom prévoit une étude de faisabilité en 2027. Si ses conclusions sont favorables, la construction des installations minières pourrait débuter en 2028. Le groupe russe souhaite également mobiliser des investisseurs partenaires pour financer le projet. Avec Goulamina et Bougouni déjà en production, Bougoula pourrait renforcer la place du Mali dans la filière du lithium.
Exploitation minière : le gouvernement malien annule trois permis d’exploitation de grandes mines
C’est une décision à la fois inédite et surprenante dans le secteur de l’exploitation minière au Mali. Trois compagnies aurifères ont vu leurs titres miniers d’exploitation annulés par décrets du Premier ministre malien, le 24 septembre dernier. Après la vague d’annulation de 121 titres de recherche et d’autorisations d’exploitation de carrières en 2025, les autorités maliennes prennent une décision à la portée symbolique forte, mais également inquiétante pour les investisseurs.
Il est de notoriété publique que les mines dont les permis d’exploitation ont été annulés avaient maille à partir avec l’État malien et connaissaient des difficultés récurrentes dans leur exploitation. Les mines de Tabakoto (SEMICO), de Kofi et de Komana (SMK) n’ont plus le droit de poursuivre leurs activités au Mali. Cette décision inquiète déjà les représentants des travailleurs, qui ont saisi le ministère des Mines sur le sort réservé aux employés de ces firmes, dont les capitaux sont majoritairement ghanéens (SEMICO et Kofi) et burkinabè (SMK).
École des Mines et du Pétrole du Mali : sa création actée par le Conseil des ministres
Il aura fallu plus d’une quinzaine d’années pour voir, enfin, le Mali se doter d’une école des mines. Lors de sa session du 30 septembre, le Conseil des ministres a adopté les textes portant création de l’École des mines et du pétrole (EMIPE), avec pour mission la formation initiale et continue des ressources humaines dans les domaines des mines et du pétrole. Cette création marque une rupture avec la vision des autorités de l’époque qui avaient, sous l’égide du Premier ministre Boubou Cissé, procédé à la pose de la première pierre de l’École africaine des mines. La Transition du général d’armée Assimi Goïta fait le choix d’une école malienne et non plus africaine, formant aussi bien dans les mines que dans le pétrole.
Ouagadougou, capitale des mines et de l’énergie de l’AES
C’était un rendez-vous annoncé depuis les premiers mois de la présidence malienne de la Confédération des États du Sahel (AES). Il aura fallu attendre la deuxième année de la Confédération, sous la présidence du Burkina Faso, pour voir se tenir une rencontre consacrée aux mines, à l’énergie et aux hydrocarbures dans l’espace de l’AES. Du 14 au 19 septembre, Ouagadougou a accueilli les principaux acteurs des secteurs minier, pétrolier et énergétique des trois pays de l’AES. La Semaine de l’énergie, des mines et des hydrocarbures de l’AES, couplée à la huitième édition de la Semaine des activités minières d’Afrique de l’Ouest (SAMAO), a été, pour beaucoup d’observateurs, la première expérience d’un échange direct entre les acteurs du secteur minier de ces trois pays et les autorités en charge des questions d’harmonisation, de réglementation et de promotion du potentiel minier. Les panels, organisés essentiellement dans le cadre de la SAMAO, ont permis de partager les expériences des trois pays face à des problématiques communes, même si certaines questions restent en suspens.
Le Commissariat chargé des activités minières : le comité technique se réunit pour la deuxième fois
Organe de gouvernance du Commissariat chargé des activités minières, le Comité technique s’est réuni pour la deuxième fois le jeudi 17 septembre 2026. Chargé de renforcer la concertation et la synergie entre les départements ministériels, les institutions publiques et les acteurs du secteur minier, le Comité s’est vu présenter les grands dossiers du Commissariat. Les secrétaires généraux d’une douzaine de départements se sont exprimés sur les dossiers techniques et stratégiques soumis par le Commissaire.
À l’ouverture de la session, le commissaire Hilaire Diarra a appelé les membres du Comité à examiner avec rigueur les avancées enregistrées. Les réformes en cours au niveau du ministère des Mines, la performance des structures comme la DNPM (Direction nationale de la géologie et des mines), la SOREM (Société de recherche et d’exploitation des ressources minérales du Mali) ou encore l’ITIE-Mali (Initiative pour la transparence dans les industries extractives au Mali) ont été au cœur des échanges.
Sous-traitance : Boart Longyear passe sous drapeau malien
La filiale malienne de la société américaine Boart Longyear (BLY Mali), sous-traitant minier des mines de Loulo et Gounkoto (Barrick Gold), qui avait annoncé sa liquidation judiciaire en avril 2025, a été rachetée par la compagnie malienne SALMAMY DRILL. Le PDG Cheick Ahmed THERA, lors de la cérémonie d’annonce de ce rachat historique, a décliné sa vision. Il souhaite élargir les activités de BLY Mali et diversifier sa clientèle afin de ne plus dépendre du seul groupe Barrick pour soutenir ses opérations.
Ce rachat est un ouf de soulagement pour les 180 employés de la compagnie américaine qui avaient contesté la démarche de liquidation judiciaire de la société en son temps.
Production d’or : Syama revoit à la baisse ses projections 2026
La compagnie australienne Resolute Mining se dit contrainte de réviser ses projections pour l’année en cours, passant de 210 000 onces d’or à 160 000 onces d’or au maximum en 2026. Cet ajustement s’explique, selon le point opérationnel du 21 septembre 2026, par des difficultés pour acheminer des équipements de premier plan nécessaires à son projet de modernisation de l’usine. Ces retards devraient entraîner une troisième année consécutive de révision à la baisse des prévisions de production de la compagnie. Malgré cela et malgré les projets en cours en Côte d’Ivoire qui avancent bon train, la compagnie rassure sur sa volonté de faire du Mali un axe important de sa stratégie de développement.
Permis miniers : le Mali reprend le traitement et la délivrance des titres de renouvellement
La reprise du traitement des demandes de renouvellement des permis de recherche et d’exploitation des petites mines, annoncée à l’issue des derniers Conseils des ministres, a surpris les acteurs du secteur minier malien. Depuis le 21 août, le gouvernement a renouvelé une quinzaine de permis de recherche, donnant ainsi un regain de confiance aux investisseurs. Cette reprise soulage les professionnels de la recherche géologique qui, durant ces dernières années, ont vu s’amenuiser le champ des possibles et des opportunités de travail. Il faut rappeler que, selon les données du SICAM (Système intégré de gestion du cadastre minier), plus de 631 permis seront à renouveler en raison de la longue suspension des opérations de traitement des dossiers.
Or : Loulo-Gounkoto évite une grève
Une grève annoncée pour le 28 septembre au complexe aurifère de Loulo-Gounkoto a été évitée. Barrick Mining et les syndicats ont conclu, le 21 septembre 2026, un accord collectif, confirmé par la direction et un représentant syndical. Les salariés avaient présenté quinze revendications, portant notamment sur la rémunération des heures supplémentaires, le remboursement des frais de mission et l’application d’accords antérieurs. La levée du préavis intervient alors que le groupe poursuit la reprise de ses activités au Mali après une longue période de tensions avec les autorités. Un apaisement social important pour l’un des principaux complexes aurifères du pays.



