
Pionniers des secteurs extractifs : bientôt un musée en leur honneur
C’est sous une fine pluie, ce jeudi 24 septembre 2026 au matin, que quelque 200 à 300 retraités des secteurs extractifs du Mali se sont retrouvés au Centre international de conférences de Bamako (CICB) pour une cérémonie bien particulière. Le ministère des Mines y organisait une cérémonie en hommage aux pionniers des secteurs extractifs du Mali. Chargée de symboles, cette cérémonie a permis de mettre à l’honneur leurs parcours. Elle semblait aussi traduire une volonté de redonner à ces pionniers la place qui leur revient dans l’histoire minière du Mali.
Véritable moment de communion, la cérémonie a donné lieu à de chaleureuses retrouvailles, tandis que certains anciens racontaient leurs souvenirs aux membres de leur famille venus partager cet hommage. Avant le début des activités, un temps d’arrêt était consacré aux photos exposées dans le hall du CICB ou encore à ces anciens instruments ayant servi aux missions de recherche géologique dans notre pays. Au regard curieux des plus jeunes présents, on devinait aisément que ces outils étaient tout droit sortis d’un autre temps. Des lampes à pétrole, des disquettes d’ordinateur, des boussoles ou encore des fils d’orientation, ancêtres du GPS (Global Positioning System, système mondial de positionnement), ont été sortis des archives du ministère des Mines pour témoigner des conditions rudimentaires dans lesquelles les premiers géologues sont partis à la conquête du sous-sol malien.
Le secrétaire général du département des Mines, M. Soussourou Dembelé, a rappelé dans son discours, en introduction à la cérémonie, que “depuis l’accession du Mali à l’indépendance, des cadres, des experts, des techniciens et de nombreux autres agents ont œuvré, souvent dans des conditions difficiles, à la connaissance, à l’exploration et à la valorisation de nos ressources. Ils ont contribué à bâtir les institutions, à structurer l’administration minière et à former les générations qui leur ont succédé. Leur travail constitue un patrimoine national qui mérite d’être connu, préservé et transmis.”
Des annonces fortes et de l’émotion.
Témoin des premières heures, Madani Diallo, expert reconnu, a tenu une mini-conférence sur l’histoire de la recherche géologique, qu’il a retracée en trois grandes étapes : la structuration des premiers codes miniers, les premières découvertes de gisements et, enfin, la phase de maximisation des ressources. L’on apprend, par exemple, que le gisement de Syama est l’œuvre intégrale de la Direction nationale de la géologie et des mines.





Deux annonces fortes du ministre des Mines ont suscité une vive émotion dans la salle. La première concernait la décision du chef de l’État d’attribuer dix médailles destinées à honorer la contribution exceptionnelle de certains de ces pionniers. Le ministre s’est félicité du soutien ainsi apporté à cette initiative. La seconde annonce faite par le ministre Amadou Keïta fera date si le projet qu’elle sous-tend parvient à être réalisé. “À partir de cette cérémonie, nous ambitionnons de créer le musée des secteurs extractifs au Mali pour marquer dans le marbre et à jamais ce que [les pionniers ont] fait pour le Mali.” Cette promesse du ministre Keïta a été particulièrement saluée par l’assistance. Les pionniers que nous avons pu interroger ont tous salué cette initiative inédite, qui vise à reconnaître officiellement les mérites des anciens agents (cadres, techniciens, chauffeurs, etc.), à préserver la mémoire de leurs parcours et à favoriser le dialogue entre les générations.
La force du symbole face à la polémique.
Quelques voix discordantes, discrètes mais bien présentes, ont cependant dénoncé “une opération de communication destinée à réparer un narratif du Gouvernement de Transition qui pendant longtemps tendait à faire croire que rien n’a été fait dans le secteur minier avant ces cinq dernières années”. Les attestations remises à plus de 300 pionniers témoignent, à tout le moins, d’une reconnaissance officielle de leur contribution. La portée symbolique de cet hommage pourrait contribuer à apaiser la polémique.



