
Le solaire à crédit : comment fonctionne le Pay-As-You-Go ?
En Afrique, le coût d’une installation solaire reste hors de portée de nombreux ménages. Le pay-as-you-go (PAYGo), littéralement “payer au fur et à mesure”, propose une solution fondée sur le paiement échelonné, généralement par téléphone mobile. Déjà bien implanté dans plusieurs pays africains, ce modèle contribue à l’essor d’un nouveau marché de l’énergie.
Le principe est simple : le client verse un premier acompte pour obtenir un kit solaire comprenant généralement un panneau, une batterie et des équipements d’éclairage ou de recharge. Il règle ensuite de petites sommes, quotidiennement, chaque semaine ou chaque mois, le plus souvent par mobile money. Le dispositif intègre un système électronique permettant au fournisseur de gérer son fonctionnement à distance. Selon les contrats, un retard de paiement peut entraîner une suspension temporaire de l’alimentation. Une fois toutes les échéances réglées, le client devient propriétaire de son équipement.
Le Kenya fait figure de pionnier. Des entreprises comme M-KOPA y ont popularisé ce modèle, notamment grâce au développement du paiement mobile M-Pesa. En Afrique de l’Ouest, ENGIE Energy Access commercialise également des kits solaires en paiement échelonné au Bénin, avec l’appui de partenaires financiers internationaux.
Le marché connaît une croissance rapide. Selon l’association professionnelle GOGLA, les ventes de kits solaires en pay-as-you-go ont progressé de 54 % en Afrique subsaharienne au premier semestre 2025, atteignant 2,35 millions d’unités parmi les entreprises déclarantes. Cette formule présente néanmoins des contraintes. Le coût total peut dépasser celui d’un achat comptant et les échéances doivent rester compatibles avec les revenus des ménages. Une étude publiée par GOGLA en 2025 révèle ainsi d’importantes difficultés de remboursement chez les clients au Kenya et en Ouganda. Au Mali, où quelques offres commencent à apparaître, ce modèle pourrait faciliter l’équipement des ménages et des petits commerces. Son développement dépendra notamment de la transparence des contrats, de la fiabilité des équipements et de l’existence d’un véritable service après-vente.
Auteur : T.Z.



