
Importation d’électroménager : le Mali adopte l’étiquetage énergétique obligatoire
Face à l’importation croissante de lampes électriques et d’appareils électroménagers dans l’espace communautaire, le Conseil des ministres de l’UEMOA a adopté, en juin 2020, une directive imposant leur étiquetage énergétique. L’objectif affiché : orienter les consommateurs vers des équipements moins énergivores et faire de la consommation électrique un critère d’achat, avec l’ambition de limiter la pression sur les réseaux et de contribuer à la préservation de l’environnement.
À l’échelle du marché commun des huit pays, cette Directive 04-2020 vise aussi à faire de l’information sur la consommation d’électricité un réflexe d’achat pour réduire, en fin de parcours, la pression sur les réseaux et accélérer la transition vers des équipements plus sobres. Six ans après son adoption, la mise en application de cette Directive ne semble toujours pas constituer une priorité pour l’ensemble des États membres.
Le Burkina Faso, par arrêté en 2023, le Bénin et le Sénégal, par décret en 2025, ont intégré dans leurs législations cette mesure de l’UEMOA qui institue un cadre harmonisé dans les États de l’Union pour l’étiquetage des lampes et des appareils électroménagers. Ainsi, dès son intégration dans les législations nationales, les importateurs de ces produits de grande consommation devront présenter un tableau de synthèse destiné à informer le consommateur sur les principales caractéristiques du produit, notamment sa consommation et ses performances énergétiques.
Une mesure pour l’efficacité énergétique.
La mesure va plus loin en imposant aux fabricants et aux importateurs de produire des rapports d’essais établis par des laboratoires reconnus. De plus, les distributeurs doivent afficher l’étiquette de manière visible et tenir la fiche à la disposition de l’acheteur. Toute publicité mentionnant la consommation ou le prix doit également indiquer la classe d’efficacité énergétique. Selon le Directeur général de l’énergie du Burkina Faso, Dr Alidou Koutou, “ce texte permet au consommateur d’orienter sa décision d’achat vers un produit consommant moins d’énergie. Cela lui permettra d’économiser environ 30 % de sa consommation d’énergie et, par ricochet, de réduire sa facture d’électricité.” Le Conseil des ministres de l’UEMOA justifie sa mesure par la nécessité de contraindre les fabricants, les importateurs et les distributeurs de certains appareils électriques domestiques “à fabriquer, importer et commercialiser de plus en plus dans l’espace UEMOA des produits économes en énergie en réduisant la contrefaçon et la désinformation sur les emballages de ces produits”. Cette exigence, qui rappelle celle adoptée dans la zone euro en 2019, permettra aux consommateurs de connaître la consommation énergétique pour 1 000 heures, en kWh/1 000 h, mais aussi la durée de vie de l’appareil, sa puissance électrique absorbée, en watts (W), et son efficacité énergétique lumineuse (lm/W).
La mise en œuvre au Mali.
Dans le cadre des directives de l’UEMOA, chaque État dispose d’un délai, non contraignant, de deux ans pour intégrer ces mesures dans sa législation. Le Mali est lié par les engagements constitutifs de l’UEMOA et, selon le guide officiel de l’organisation, ce sont les résultats à atteindre qui importent ; les modalités de mise en œuvre relèvent des textes internes de chaque pays. Le 9 octobre 2026, le Conseil des ministres a adopté un projet de décret fixant les modalités d’étiquetage énergétique des lampes électriques et des appareils électroménagers neufs. Ce texte transpose dans la réglementation malienne la directive n°04/2020/CM/UEMOA du 26 juin 2020. Un second projet de décret, consacré à l’efficacité énergétique dans la construction des bâtiments, a également été adopté. Cette décision marque une étape importante dans l’application de la réglementation communautaire. Elle vise à harmoniser les normes d’étiquetage, à garantir une information standardisée sur la consommation des équipements commercialisés au Mali et à favoriser l’élimination progressive du marché des appareils énergivores ou de mauvaise qualité.
Auteur : Baba Sakho



