3 BONNES RAISONS…

3 bonnes raisons… De faire de la technologie un levier de souveraineté des ressources

Tout au long des pages de ce numéro de POINT FOCUS revient la question des moyens concrets permettant d’assurer la souveraineté d’un État sur ses ressources. Lorsqu’il faut conjuguer cette préoccupation avec le développement technologique actuel dans le monde, il est aisé de trouver trois bonnes raisons de faire de ces technologies le socle d’une souveraineté assumée dans les secteurs des mines et du pétrole.

1. La souveraineté, c’est d’abord la maîtrise des données du sous-sol.

Les pays africains ont déserté, pendant longtemps, le champ de l’exploration en raison notamment de son coût élevé. Sans maîtrise des données de leur sous-sol, les négociations avec les compagnies internationales s’annoncent biaisées. En investissant dans les technologies d’exploration de pointe – intelligence artificielle pour l’analyse des données géophysiques, capteurs avancés, jumeaux numériques des gisements – nos États africains pourront eux-mêmes quantifier la valeur réelle de leurs ressources. Ils seront ainsi en position de force pour fixer des conditions avantageuses et dicter les modalités d’exploitation en fonction de leur intérêt stratégique national à long terme.

2. La souveraineté, c’est ensuite la maîtrise de l’exploitation sur le territoire.

L’étendue de la superficie du Mali est l’une des raisons de l’expansion du phénomène de l’exploitation illégale des ressources minérales, qui constitue l’un des plus grands obstacles à la souveraineté. Les technologies offrent, à ce niveau, un avantage évident à nos pays pour surveiller le territoire et lutter efficacement contre ce fléau. Les exemples de la blockchain, pour des chaînes d’approvisionnement inviolables, de la télédétection par satellite ou encore des drones prouvent qu’il est possible d’assurer un contrôle en temps réel des sites d’extraction et des corridors de transport. Ces outils offrent une capacité inédite aux États de savoir précisément ce qui sort de leur sol, de certifier l’origine éthique des minerais et de s’assurer que les redevances et taxes sont correctement perçues. La souveraineté minière a, dit-on, pour finalité une souveraineté économique.

3. La souveraineté, c’est enfin la maîtrise de la transformation locale.

L’enjeu ici est de passer du statut de simple exportateur de minerai à celui de fournisseur de matériaux de haute technologie. Pour y parvenir, les États doivent disposer de technologies innovantes et d’une main-d’œuvre formée afin d’exiger une transformation locale permettant de maximiser les bénéfices tirés de l’exploitation minière. La métallurgie de pointe, le raffinage propre ou l’impression 3D sont autant d’atouts pour faire des pays africains des producteurs de produits finis tels que les alliages spéciaux, les batteries, etc.

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