VUES D'AILLEURS

L’actualité minière et énergétique dans le monde.

RDC : 85 % des diamants proviennent de l’exploitation artisanale.

La République démocratique du Congo demeure l’un des principaux producteurs de diamants. Cette position repose cependant moins sur de grandes exploitations industrielles que sur une multitude de sites artisanaux, concentrés dans les provinces du Kasaï. Selon les données officielles, la production nationale est passée d’environ 13 millions de carats en 2021 à 8,1 millions en 2025. L’exploitation industrielle, dominée par la Société Anhui-Congo d’investissement minier, la SACIM, n’a représenté qu’un peu plus d’un million de carats. L’artisanat minier constitue une source de revenus essentielle pour les communautés. Mais la dispersion des sites, la faiblesse des équipements et le poids des circuits informels compliquent le suivi des volumes, la sécurité des travailleurs et la perception des recettes publiques. Une partie de la production échappe aux circuits officiels.

La traçabilité, clé de la formalisation. En juin 2026, un premier lot de 103,77 carats de diamants artisanaux congolais traçables a été mis en vente à Anvers dans le cadre du projet OrigemA. Le dispositif associe six coopératives des régions de Tshikapa et de Kazumba et enregistre chaque étape, de l’extraction à la commercialisation. Parallèlement, la RDC a conclu un accord avec la société suisse ADEX Platform. Une coentreprise détenue à parts égales avec le Fonds minier pour les générations futures doit créer une unité locale de taille et de joaillerie, ainsi qu’une plateforme de vente directe aux marchés internationaux. L’objectif est de renforcer la transparence, de limiter les circuits illicites et de conserver une plus grande part de la valeur ajoutée dans le pays.

Nigeria-Maroc : le gazoduc africain atlantique franchit une étape décisive.

Réunis le 19 juillet à Freetown, les États membres de la CEDEAO ont signé l’accord intergouvernemental encadrant le Gazoduc africain atlantique. Le texte fixe le cadre juridique et institutionnel de ce projet destiné à acheminer le gaz nigérian vers le Maroc, avec des dessertes prévues dans les pays traversés. Le Maroc et la Mauritanie doivent cependant encore rejoindre formellement l’accord. Long d’environ 6 900 km, dont 5 100 km en mer, l’ouvrage doit traverser treize pays de la façade atlantique et transporter jusqu’à 30 milliards de m³ de gaz par an. Son coût est estimé à 25 milliards de dollars, soit environ 14 400 milliards de F CFA. Porté par la NNPC nigériane et l’ONHYM marocaine, le projet a achevé ses études de faisabilité et d’ingénierie préliminaire. Il vise à renforcer l’accès au gaz, la production électrique et l’industrialisation régionale, avant un raccordement possible au réseau européen.

Burkina Faso : la justice annule le contrat d’achat d’or de Karma.

Le Tribunal de commerce de Ouagadougou a annulé, le 10 juin 2026, le contrat d’achat d’or daté du 11 août 2014 qui liait la mine de Karma à Franco-Nevada (Barbados) Corporation, filiale barbadienne du groupe canadien Franco-Nevada, et à International Royal Corporation, anciennement Sandstorm Gold Bank Ltd. Saisi en septembre 2025 par Riverstone Karma, le tribunal a rejeté les objections des défendeurs concernant sa compétence. Il les a condamnés solidairement à verser 5,218 milliards de F CFA à la société burkinabè et à supporter les frais de procédure. Le jugement demeure contesté. Franco-Nevada soutient que l’accord relève du droit de l’Ontario et considère la décision burkinabè comme invalide. Le groupe a annoncé des recours au Canada et dans d’autres juridictions, ce qui pourrait prolonger le contentieux bien au-delà de cette première décision.

Côte d’Ivoire : nouvelle découverte pétrolière en eau profonde.

En juillet 2026, le gouvernement ivoirien a officialisé la découverte de pétrole léger au puits Bubale-1X, foré sur le bloc offshore CI-709, à environ 64 km des côtes. Le forage a atteint 6 263 mètres de profondeur sous une tranche d’eau de 2 376 mètres. Les analyses préliminaires ont révélé 30 mètres d’épaisseur nette de pétrole répartis entre deux réservoirs. Murphy Oil, opérateur du bloc, détient 90 % des intérêts, contre 10 % pour la compagnie nationale PETROCI. Bubale-1X constitue le dernier des trois forages menés par le groupe américain au large du pays. La découverte doit encore être évaluée avant que son potentiel commercial puisse être établi. Un puits d’appréciation est prévu au second semestre 2026 pour mesurer l’étendue des réservoirs. Ce résultat renforce l’attractivité du bassin sédimentaire ivoirien, déjà stimulée par les importantes découvertes de Baleine et Calao.

Ghana : le gouvernement engage une profonde réforme du Code minier.

Le gouvernement ghanéen a approuvé un projet de réforme de la loi minière de 2006, transmis au Parlement. Le texte vise à renforcer le contrôle d’un secteur essentiel pour le premier producteur d’or d’Afrique, tout en luttant contre l’exploitation illégale et les licences détenues à des fins spéculatives. Les autorisations de reconnaissance et de prospection seraient remplacées par une licence unique d’exploration, limitée à cinq ans. Sa prolongation dépendrait des résultats d’un programme de travaux de deux ans. Les baux miniers resteraient plafonnés à vingt ans. La réforme prévoit également la création de comités miniers de district, chargés d’associer les communautés d’accueil aux procédures d’attribution. Les compagnies devraient négocier directement avec celles-ci des accords de développement communautaire. Accra entend ainsi renforcer le contenu local, favoriser la transformation locale des minerais et mieux répartir les retombées du secteur.

RDC : les exportations de cuivre atteignent 823 887 tonnes.

Au premier trimestre 2026, la République démocratique du Congo a exporté 823 887 tonnes de cuivre, soit une progression de 4,8 % sur un an. Ce résultat conforte son rang de deuxième producteur mondial, derrière le Chili. Ces volumes ont été atteints malgré les tensions sur l’approvisionnement en acide sulfurique, indispensable au traitement des minerais. La Zambie, important fournisseur des opérateurs congolais, a limité ses exportations afin de préserver son propre secteur minier. Les perturbations des marchés du soufre provoquées par le conflit au Moyen-Orient ont également fragilisé les chaînes d’approvisionnement. Le ministère congolais des Mines n’anticipe toutefois aucune perturbation majeure de la production en 2026. Les contrats à long terme, les stocks constitués par les grands opérateurs et le recours à différents fournisseurs régionaux ont jusqu’ici permis d’amortir le choc. Une hausse des coûts et un allongement des délais restent possibles si les tensions se prolongent.

Zimbabwe : le lithium prend le rail vers Maputo.

Le Zimbabwe a inauguré une liaison ferroviaire pour acheminer son concentré de lithium vers le port de Maputo, au Mozambique. Un premier convoi de 1 000 tonnes, parti de la mine de Gwanda exploitée par le groupe chinois Tsingshan, empruntera un trajet d’environ 1 000 km. Jusqu’ici, ce minerai était principalement transporté par camion, une solution plus coûteuse et confrontée à d’importantes contraintes logistiques. Le rail doit fluidifier les exportations tout en contribuant à relancer la compagnie publique National Railways of Zimbabwe, dont le fret est tombé à 2 millions de tonnes en 2025. Premier producteur africain de lithium, le Zimbabwe a exporté vers la Chine 1,13 million de tonnes de concentré de spodumène en 2025, soit environ 15 % des importations chinoises. Harare pousse parallèlement les opérateurs à transformer davantage le minerai sur place et vise 344 000 tonnes annuelles de sulfate de lithium exportées d’ici 2030.

Éthiopie : 110 millions de dollars pour le parc éolien d’Aysha.

La Banque africaine de développement a approuvé un financement pouvant atteindre 110 millions de dollars, soit environ 63,4 milliards de F CFA, pour le projet éolien d’Aysha. D’une capacité de 300 MW et d’un coût total estimé à 508 millions de dollars, environ 293 milliards de F CFA, il sera implanté dans la région Somali, à l’est du pays. Développé et exploité par le groupe émirati AMEA Power, Aysha deviendra le plus grand parc éolien d’Éthiopie et le premier porté par un producteur indépendant. Le projet comprend également une ligne électrique de 230 kV longue de 5 km et la modernisation du poste d’Aysha II. La centrale devrait produire 1 189 GWh d’électricité par an. Ethiopian Electric Power achètera la totalité de cette production dans le cadre d’un contrat de 25 ans. Le projet doit renforcer l’approvisionnement électrique du pays et ouvrir davantage le secteur énergétique éthiopien aux investissements privés.

Inde : 11,5 milliards de dollars pour un complexe intégré d’aluminium.

Adani Enterprises et le groupe émirati International Holding Company ont signé avec l’État d’Odisha un protocole d’accord pour développer un complexe intégré d’aluminium. Les partenaires détiendront chacun 50 % de la coentreprise. L’investissement annoncé atteint 11,5 milliards de dollars, soit environ 6 630 milliards de F CFA, et constituerait le plus important investissement étranger jamais réalisé dans la métallurgie indienne.

Le projet réunira une raffinerie capable de produire 4 millions de tonnes d’alumine par an, une usine de 2 millions de tonnes d’aluminium, une centrale électrique dédiée et un parc de transformation d’une capacité annuelle d’un million de tonnes. L’Odisha, riche en bauxite, assure déjà 54 % de la production indienne d’aluminium. Le complexe pourrait créer 35 000 emplois pendant sa construction et 18 500 lors de son exploitation. Il doit cependant encore franchir plusieurs étapes, le texte signé restant un protocole d’accord sans calendrier définitif annoncé.

Chine : un objectif contraignant de +53 % pour l’éolien et le solaire.

La Chine s’est fixé pour la première fois un objectif contraignant de production d’électricité renouvelable. Son nouveau plan quinquennal prévoit d’augmenter de 53 % la production éolienne et solaire entre 2025 et 2030. À cette échéance, les deux filières devront produire plus de 4 000 TWh par an, soit 30 % de l’électricité nationale, pour une capacité installée supérieure à 2 800 GW. L’ensemble des énergies renouvelables devra atteindre environ 6 000 TWh annuels.

Pékin entend également rendre cette production plus fiable. Associés au stockage, l’éolien et le solaire devront pouvoir fournir 8 % de leur capacité installée durant les pics de demande et couvrir au moins 20 % de la consommation lors de ces périodes. Plus de 300 GW de capacité renouvelable mobilisable en pointe doivent être ajoutés d’ici 2030. Le plan prévoit aussi de développer l’éolien en mer profonde, l’hydrogène vert et le pompage-turbine.

Chypre : feu vert au premier projet gazier du pays.

Eni et TotalEnergies ont pris la décision finale d’investissement pour développer Cronos, premier gisement gazier appelé à entrer en production à Chypre. Découvert en 2022 dans le bloc offshore 6, à environ 185 km au sud-ouest de l’île, le champ doit commencer à produire en 2028. Détenu à parts égales par les groupes italien et français, avec Eni comme opérateur, Cronos renferme plus de 3 000 milliards de pieds cubes de gaz. Sa production de plateau est estimée à 500 millions de pieds cubes par jour, soit l’équivalent de 2,8 millions de tonnes de gaz naturel liquéfié par an.

Le gaz sera acheminé vers les installations offshore de Zohr, en Égypte, puis liquéfié à l’usine de Damiette avant d’être exporté, notamment vers l’Europe. En s’appuyant sur des infrastructures existantes, le projet doit accélérer sa mise en exploitation et renforcer le rôle énergétique de la Méditerranée orientale.

Australie-Inde : accord sur les exportations d’uranium.

L’Australie et l’Inde ont finalisé un arrangement administratif autorisant les exportations à long terme d’uranium australien vers le marché indien. Signé lors d’un sommet à Melbourne, le dispositif met concrètement en œuvre l’accord de coopération nucléaire civile conclu en 2014 et entré en vigueur en 2015. Le combustible sera exclusivement destiné à la production d’électricité et soumis aux garanties de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). Cette condition est centrale, l’Inde disposant de l’arme nucléaire sans avoir signé le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires.

New Delhi compte sur ces approvisionnements pour porter sa capacité nucléaire à 100 GW d’ici 2047, contre moins de 9 GW actuellement. Pour l’Australie, qui possède les plus importantes ressources connues d’uranium au monde, l’accord ouvre un nouveau débouché et contribue à diversifier ses exportations. Aucun volume, calendrier de livraison ou montant commercial n’a toutefois encore été communiqué.

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